Jeudi 19 août 2010 4 19 /08 /Août /2010 00:02

Mes Frères,

 

Il nous aura fallu du temps mais nous, Myosostis de Neuilly-Bineau, faisons amende honorable. Que nos Frères nous pardonnent. Nous nous étions en effet égarés en pensant prétentieusement préserver les rituels, la Règle en 12 points, les traditions, us et coutumes qui soutenaient jusqu’à présent la franc-maçonnerie que nous aimons.

 

La pause estivale nous a fort heureusement été bénéfique et nous a permis de revenir dans le droit chemin. Relisant la lettre du Chef de notre obédience de janvier dernier, nous avons enfin compris qu’il était temps pour nous mes Frères de nous engager  résolument dans la modernité pronée par le Chef et de lever toute suspicion d’incitation à un quelconque schisme inventé par on ne sait qui.

 

Chef, nous voilà !

 

Et puisque les rituels ont déjà été modifiés, voire partiellement occultés comme l’ont relaté nos Frères du Myosotis Grande Couronne lors du dernier Chapitre  de l’Arche Royale de Tara 1541 (Cf : article "L'Arche en ruines"), nous voulons nous aussi nous engager résolument derrière le Chef, apporter désormais notre pierre à l’évolution de notre obédience et contribuer à l’effort pédagogique du Chef qui a été visiblement mal compris par tous, ainsi que l’a écrit la Commission de Conciliation.

 

Nous vous proposons donc de réajuster, de compléter et d’inscrire dans la modernité certaines de nos définitions afin que les Frères comprennent désormais mieux notre obédience et son fonctionnement.

 

Petit lexique à l'usage des Frères :

 

Colonnes : Eléments décoratifs essentiellement inutiles. « Et que l’on ne vienne pas nous faire ch… parce qu’on a filmé trois malheureuses colonnes ? » a d’ailleurs dit fort raisonnablement notre Chef. Les trois colonnes entravant l’accès au pavé mosaïque d’une part, et dans un but de simplification des rituels d’autre part, il n’en sera désormais conservé qu’une : celle de la Force, si bien incarnée par notre Chef dans sa direction quotidienne de notre obédience.

 

Voûte d’acier :  Dispositif de protection installé au siège d’une Obédience pour protéger ses dignitaires. Hiram, architecte en son temps, stipulait qu’en dehors de son inutilité, il était pure folie de vouloir poser une telle voûte d’acier sur une « maison de verre », puisqu’il paraît que Pisan en est une selon notre Chef (Cf SCG du 4 décembre). A noter que certains Frères utilisent de manière inappropriée le terme de « Bunker » en lieu et place de « voûte d’acier », ce qui est une pratique fort regrettable et peu maçonnique.

 

Ordre : Position prise par un maçon à l’injonction de sa hiérarchie. Assimilable au garde-à-vous dans le domaine militaire. L’expression « l’ordre règne » signifie par ailleurs que tous les maçons se taisent, surtout s’ils ne sont pas d’accord, et pensent comme leur Chef.

 

Chef : Chef

 

Pavé mosaïque : Tapis de jeu composé d’un alternance de carrés blancs et noirs déssinés sur le sol des temples. Pour certains Frères les enjeux peuvent atteindre des sommets difficilement imaginables par les autres Frères. La grande majorité des Frères ne joue pas. Seuls les plus égaux d’entre eux y ont accès. Parmi ces derniers, les moins fortunés, ceux auquel le hasard a moins souri dans la vie, jouent avec des cordons et des tabliers. Les plus fortunés jouent avec divers métaux.

Lorsque les Frères qui ne jouent pas, le plus souvent par conviction profonde ou absorbés dans leurs travaux, apprennent que d’autres Frères jouent de manière éhontée, il arrive qu’ils jettent alors le pavé dans la mare, éclaboussant ainsi le tablier des Frères joueurs.

 

Couvreur :  Responsabilité échue principalement à des dignitaires de l’obédience qui vont devoir tout faire, par pure fraternité, et même l’injustifiable, pour couvrir les dérives du Chef. Par extension l’expression « Etre à couvert » signifie que les autres Frères ne vous voient pas et que vous ne risquez par conséquent rien.

 

3eme étage : La franc-maçonnerie est composée d’étages qui remplacent désormais les anciens dégrés devenus désuets. Les deux premiers étages n’ont aucun intérêt, sauf pour la formation des maçons, le travail et l’encaissement des capitations. Seul l’accès au 3ème étage permet d’exercer pleinement et en toute impunité ses talents de maçon.


 Règle en 12 points : Règle ancestrale à laquelle souscrivent les maçons dits de Tradition et qui contribue à leur cohésion. Contraignante pour tous les Frères par ses obligations morales, et surtout pour ceux qui ont atteint le 3ème étage de la connaissance maçonnique, elle sera désormais simplifiée et rameneé à « Trois point c’est tout ».

 

Chaîne d’union : Jeu régulièrement pratiqué entre maçons basé sur la confiance et la solidarité et qui n’engage que ceux qui y participent. Il s’agit d’identifier le maillon le plus faible sachant que les maillons faibles ne sont pas toujours là où l’on pense. La pénombre rend l’exercice plus délicat. Dans le nouveau rituel ce jeu ancestral, certes ludique mais stupide, sera abrogé et remplacé par le Trait d’Union (Se reporter à la définition)

 

Attouchement : Terme administratif qui désigne la mainmise d’une Grande Loge sur la caisse des Loges. Par extension familière entre maçons, « attoucher » signifie aussi « mettre la main dans la caisse ».

 

Tablier : Pièce vestimentaire à deux faces permettant au maçon de ne pas se salir quels que soient les travaux auxquels il se livre. Plus le tablier est ornementé, plus le côté noir de son endos risque d’être saisissant.

 

Salle humide : Lieu où se retrouvent les maçons pour partager un repas fraternel. La parole étant libre c’est le lieu privilégié de transmission d’informations entre Frères. Depuis le début de l’année, beaucoup de fois maçonniques ont été sujettes dans la salle humide à de véritables douches froides, d’où son nom. On parle aussi de douche écossaise dans certains rituels spécifiques.

 

Cordon : Instrument maçonnique qui permet de s’attacher la fidélité et l’obéissance absolue d’un Frère. Expression courante : « Il le tient par les cordons ».

 

Cordonnite : Mèche de coton à combustion lente qui unit certains Frères, en particulier les Couvreurs. D’où l’expression ironique des Frères de base : « Ils sont de mèche ». Un recours trop massif à la cordonnite accroit de manière très significative les risques d’explosion et d’embrasement généralisé des loges.

 

Frère : Se reporter à la définition de « Soldat »

 

Profane : Futur maçon mais qui ne le sait pas encore. Vu le rythme de recrutement actuel, la population des profanes est en voie de disparition, à moins d'un classement rapide par les pouvoirs publics au titre des espèces protégées .

 

Initiation : Cérémonial administratif empreint de solennité permettant d’accorder à des groupes d’impétrants (Maximum 6 par fournée) le titre de Frère et le droit de payer des capitations.

 

Capitation: Revenu par tête de maçon

 

Espérance : Durée moyenne de paiement des capitations par un nouvel apprenti. La multiplication du nombre d'années de paiement par le montant annuel de la capitation permet d'obtenir la valeur du maçon.

 

Dévoiler (se) : Etre contraint par la majorité des Frères à réaliser un audit de conformité par un organisme tiers indépendant et à devoir rendre les comptes détaillés accessibles à tous les Frères.

 

Ordonnance : Elément essentiel de la politique de prophylaxie maçonnique.  Il a longtemps été empiriquement constaté qu’à titre préventif la seule menace d’ordonnance rend le maçon muet. A titre curatif, son protocole se résume généralement à l’exclusion, éventuellement précédée par une période de suspension. L’ordonnance peut indifféremment frapper un jeune maçon comme elle peut frapper un vieux maçon de 88 ans le jour de son anniversaire (Entre eux les Frères parlent alors ironiquement de « l’ordonnance à Lucien » Voir l'article "Joyeux anniversaire Lucien" sur le Myosotis PACA).

 

Province : Sous-division administrative permettant de contrôler les maçons et de s’assurer de leur silence.

 

Loge : Sous-sous-division administrative permettant de regrouper de manière régulière un certain nombre de Frères et, toujours dans le cadre d’une saine politique hygièniste, de leur faire travailler le bois (En général sur de simples planches). Ce faisant ils sont occupés et ne risquent pas de se poser des questions gênantes. D’où l’exhortation régulière : « Mes Frères, retournez dans vos Loges et reprenez vos travaux ».

 

Planche : Matériau utilisé pour faire travailler le maçon à la construction de l’édifice. De nos jours il convient d’être très précautionneux dans le choix du matériau, car il existe de très bonnes planches mais aussi de véritables planches pourries.

 

Edifice : Construction conceptuello-métallique à laquelle contribuent les maçons à partir de midi. La partie basse de l’édifice est constituée de planches conceptuelles, fruit du travail du maçon de base, la partie métallique de l’édifice ne se développant qu’à partir du 3ème étage. La participation du maçon de base à la construction de cette partie de l’édifice se fait de manière symbolique au travers des capitations.

 

Fraternité : Construction intellectuelle symbolisant le vide pour certains et constitué de la plus grande multitude pour d’autres.

 

Guide : Petits livrets se substituant aux anciens rituels. Ces documents très succincts permettent de raccourcir la durée des cérémonies tout en s’assurant d’un respect parfait par les Frères les moins intelligents. D’où l’exhortation à l'humilité et à la simplification « Suivez le Guide ».

 

J’ai dit : Formule ancestrale désormais désuète par lequel le maçon de Tradition terminait l’expression d’une pensée libre emprunte de sagesse et dépourvue de toute passion. Cette formule sera supprimée des nouveaux rituels puisqu’il ne s’agit plus aujourd’hui pour chaque maçon que de reproduire la parole du Chef. Dans ce nouveau contexte la formule «Le Chef a dit», ou plus simplement «Il a dit» serait plus appropriée.

 

Télévision : Nouvel outil du maçon introduit récemment dans les temples pour lui permettre de se regarder par écran interposé. D’un usage encore strictement limité puisque réservé aux dignitaires, l’écran de télévision se substitue au miroir, instrument d’un autre âge qu'il remplace parfaitement du point de vue fonctionnel qui consiste à se regarder. Mieux, il permet même de s'admirer.

 

Spots ou floodligths :  Marquant là aussi l’entrée de la maçonnerie dans le monde moderne, le spot a pour vocation de remplacer la bougie et d’apporter la lumière au sein des loges. Malgré son nom anglais, cet outil n’a toutefois pas encore reçu l’approbation de la Grande Loge d’Angleterre qui semble malheureusement s’enferrer dans un conservatisme d’arrière-garde jugé dépassé de ce côté ci de la Manche.

 

Journaliste : Troisième outil complétant le nouveau triptyque du maçon. Outil très particulier car extérieur au temple et fait de matière vivante, cet outil est particulièrement difficile à maîtriser. Il peut même s’avérer dangereux, ce qui justifiera que le maçon utilisateur le voue parfois aux gémonies et le soupçonne de complot. Journalistes, spots et télévisions sont les trois outils indissociables et indispensables au nouveau maçon dans sa quête d'élévation.

 

Grand Orient : Organisation maçonnique concurrente dont la seule présence est tout bénéfice pour notre obédience. Au fil des jours et des mois, elle peut servir indifféremment de caution à notre Chef, et ce sans l'autorisation du GM du GO, ou peut être accusée de racolage, voire d'organiser, sans pouvoir s'en défendre, tous les complots expliquant les déconvenues subies par notre Chef.

 

Complot : Cri de ralliement lancé par le Chef pour réunir les Couvreurs et éviter aux Frères de la troupe d’aborder des sujets de fond. Le complot peut être utilisé dans n’importe quelle situation et peut être accommodé à toutes les sauces.

 

AG : Rassemblement annuel des Frères n’ayant, quoiqu’il s’y passe, aucun impact sur le fonctionnement de l’Association. Un projet ambitieux prévoit d'ailleurs de supprimer cet événement coûteux et parfaitement inutile.

 

Soldat : Cette nouvelle appellation va progressivement remplacer le terme de "Frère", ambigu et décidemment mal compris puisque certains ont pu apparemment penser qu’il évoquait une notion d’égalité et de respect mutuel. Il est à noter que le terme « Soldat » est également utilisé comme unité de mesure et de négociation avec le pouvoir politique en place, et qu’il permet ainsi à une obédience maçonnique de peser sur la vie sociétale pour le plus grand bien de l'obédience et de l'humanité en général. D’où la célèbre phrase du Chef retranscrite par l'Express « J’apporte 42.000 soldats ».

 

Collège d’Officiers : Centre d’enseignement réservé à des Frères espérant un jour avoir accès au 3ème étage de la connaissance maçonnique. Au-delà de ses fonctions d’enseignement, le Collège d’Officiers sert aussi de centre d’échange administratif : remontée des capitations dans un sens et descente des ordonnances vers les loges dans l’autre. Il existe un Collège d'Officiers dans chaque province.

L’accès au Collège d’Officiers est réservé à la bourgeoisie maçonne. Après de longues et pénibles années d’étude et d'exercices de compromission, les plus dévoués des Collégiens pourront un jour être choisis par le Chef et être « élevés » au 3eme étage de la connaissance maçonnique, réservé aux maçons aristocrates à qui "tout est permis tant que le droit français ne stipule pas que ce soit explicitement interdit", comme l'a utilement rappelé le Chef qui est avocat dans la vie profane.

Afin d’être moralement soutenus par leur Frères dans leurs pénibles études, les Collèges d’Officiers viennent souvent parader en Loge en grands uniformes provinciaux. Cette fréquentation ponctuelle du maçon de base leur remonte le moral et leur donne le sentiment d'être importants.

Selon une lettre récente du Chef au GGMMPP, les Collèges d’Officiers devraient prochainement voir leur rôle élargi à des fonctions de police et de surveillance des Frères.

 

Stigmatisation: Il s'agit là d'une nouvelle cérémonie ultra rapide, introduite très récemment dans nos rituels. Pratiquée de plus en plus fréquemment, la stigmatisation se limite souvent au simple octroi d'une ordonnance de suspension par le Chef lui-même. Mériter une stigmatisation suppose, pour un Frère, à titre d'exemple, d’avoir eu le courage de poser une question pertinente mais dérangeante au Chef, ou de vouloir faire respecter le droit républicain. Le Frère méritant est alors accusé au choix de complot, d’ambition personnelle, de soif de pouvoir, de volonté de schisme, de manipulation, de concurrence déloyale, etc.

 

Trait d’Union : Là encore dans un souci de simplification des rituels, le trait d’union remplace désormais la chaîne d’union qui mobilisait nécessairement tous les Frères dans un déploiement d’énergie parfaitement inutile. Comme l’a fort bien expliqué le Grand Orateur lors du sacre du Chef, le trait d’union ne concerne que le Chef qui prend dès lors sur lui d’assurer seul la communication permanente avec Dieu pour sauver tous ses Frères et « les aider à formuler leurs quêtes qu’ils ne savent pas eux-mêmes exprimer » (Dixit le Chef à la Télé).

 

Serment :  engagement de fidélité et d’obéissance absolue au Chef.

 

Infaillibilité : Nouveau concept maçonnique introduit en juin dernier par le Grand Porte Glaive et qui stipule que le Chef ne peut jamais se tromper et ne doit jamais être critiqué mais toujours respecté et vénéré. Sinon pourquoi diantre porterions-nous serment au Chef ?

 

 

Nous espérons que le Chef nous sera reconnaissant d’avoir essayé de traduire de manière pédagogique dans ce « Lexique à l’usage des Frères » les nouvelles lignes directrices tracées pour l’obédience, et d’avoir ainsi contribué au grand chantier de construction de la « Maçonnerie pour les Nuls » qui va enfin nous projeter définitivement dans la modernité et dans le monde sociétal.

 

Enfin, et ce pour répondre également présents à l'incitation à la délation exprimée par le  Chef dans son dernier courrier aux GGMMPP, nous attirons l’attention du Chef sur le fait que la Commission Nationale de Conciliation a traité le Chef de « Bouc émissaire », manquant ainsi clairement et publiquement de respect vis à vis du Chef, insinuant à demi-mot que le Chef se serait fait emberlificoter par son entourage, n’aurait pas bien interprété certaines situations et aurait même tenu des propos déplacés. Par ces écrits diffamatoires la Commission Nationale de Conciliation porte par ailleurs injure au nouveau concept « d’infaillibilité du Chef ». De telles insultes, ouvertes et délibérées, témoignent de l'ambition personnelle et de la soif de pouvoir des membres de la dite Commission, pourtant désignés par le Chef en personne.

 

 

Soldatesquement (Remplace l’ancienne formule Fraternellement),

 

Post Scriptum: Chef, on craint quand même qu'avec de telles définitions et les nouveaux rituels les effectifs chutent de manière vertigineuse ! Nous n'en serons d'ailleurs pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Sully
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Recherche

Derniers Commentaires

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés