Du manque de transparence au manque de lucidité

Mes Frères,

La GLNF connaît la plus forte crise morale qu’elle ait rencontré depuis son existence.

Les Frères savent qu’ils se sont fait détourner leur obédience par une hiérarchie qui a prétendu que l’obédience était un Ordre dont ils étaient les chefs, s'octroyant ainsi tout pouvoir sur les Loges alors que les responsables sont sensés être au service de ces dernières.
(Voir l'article Le sens des mots et la place des choses" sur la Loge, Grande Loge, obédience, Ordre...”)

Une politique débridée de recrutement a induit progressivement une inversion des valeurs maçonniques en faveur des apparences et d’une “cordonnite aiguë fulgurante”.


Cette inversion est allée jusqu’à la confiscation des troncs des hospitaliers, ce qui a créé une dégradation de la fraternité et précipité une perte de confiance. (Voir l'article La Perte de sens).

 

Dans ce nouvel article portant sur le diagnostic de l'état dans lequel se trouve notre GLNF, notre Frère Charles nous parle aujourd'hui de transparence et de lucidité.

 

Fraternellement,
 

Du manque de transparence au manque de lucidité



Une demande légitime de clarté sur les comptes non satisfaite:

Les seuls comptes fournis par la GLNF sont agrégés et ne permettent pas un contrôle des réalités et modalités des recettes, dépenses, structures, filiales et flux.

Depuis des années, nous entendons des “bruits de parvis”, signalant des anomalies sur les fonds de solidarité, affaires immobilières, abus de position et de confiance, compositions sociales de structures...
J'ai assisté, il y a quelques années, impuissant, et je dois le dire ignorant, à un échange entre un frère que j'apprécie beaucoup et un Grand Maître Provincial sur ces sujets.
Ce frère s'est fait suspendre quelques semaines après, puis a démissionné pour changer d'obédience.
A l'époque, parce qu’il me protégeait, je n’arrivais pas à savoir si les allégations de ce Frères étaient justifiées et surtout fondées sur des preuves ou si elles relevaient de simples craintes qui pourraient finalement relever de la diffamation.

Une chose était néanmoins très surprenante.
Pourquoi, alors qu'un Grand Maître Provincial, et donc forcément le Grand Maître, étaient informés que ce type d'information circulait, aucune commission n’a été mise autour d'une table pour apporter la transparence qui seule aurait permis de “calmer le jeu” ?
N'importe quel administrateur normal, en “bon père de famille”, aurait mis en place une action simple permettant aux demandeurs d’accéder à toutes les pièces. Ces solutions existent dans de nombreuses associations et entreprises, permettent de désamorcer, avant qu'elle n'enfle, toute crainte d’erreur, détournement, collusion ou corruption.
Les réponses, produites en boucle, n'ont consisté que dans la présentation entêtée de re-vérifications d'additions des quelques lignes présentées sans possibilité de contrôle sur le fond.

Un rapport de force s'est établi, dans le droit fil des abus et exactions décrits dans les 2 épisodes précédents.

Les Grands Maîtres Provinciaux et leurs équipes auraient pu, auraient dû, à leur échelle, répondre sur les affaires immobilières qui les touchaient.
Ils n'ont apporté aucune réponse étayée.
Ils ont relayé des positions de déni et de détournement de l’attention...


Ces choix relèvent de deux hypothèses:

  1. Une volonté collective de cacher des informations ce qui sera mise en évidence, si c’est le cas, par les audits en cours à l’heure ou ces lignes sont diffusées. Il est évident que, dans ce cas, l’ensemble des équipes dirigeantes devra donner démission de ses fonctions tant au niveau national et du SGC, qu’au niveau provincial, pour avoir couvert et appuyé solidairement, nous n’utilisons pas le terme de complicité, une situation illégale de manière active ou passive.
  2. Une “incapacité managériale” liée à l’incapacité d’inventer des solutions simples face à des “problèmes” identifiés. Il est évident que les équipes actuellement en place vont être considérées comme inaptes à mettre en œuvre un chantier de refonte de l’ampleur de celui qui doit être préparé et devront également démissionner collectivement de leurs fonctions pour faciliter la mise en œuvre des solutions de fond apportées par le Livre Blanc.


Les deux hypothèses coexistent peut-être.
Que l’on considère la 1ère ou la 2ème hypothèse, la problématique met en évidence un manque de crédibilité.
Dans le cas où la 1ère hypothèse se révélait exacte, ceux qui ne se seront pas spontanément désolidarisés avant l’annonce, perdront en plus leur honneur.
Quel que soit le cas, les conséquences seront les mêmes : la solidarité qui se sera exprimée par des actes ou de l’inaction, sur les postures intenables et jusqu’au-boutistes conduira les anciennes équipes vers la démission inévitable de toutes les fonctions.

La première hypothèse est suspendue aux décisions de Justice.
"L’incapacité managériale" peut être analysée dès maintenant.


De graves erreurs de lucidité et de jugement:

Les dirigeants de la GLNF dirigent mal car ils manquent de lucidité.
Ils manquent de lucidité parce qu’ils ont une mauvaise appréciation du réel: de la réalité des frères, de la réalité des problèmes, de la réalité de la Maçonnerie, de leur image, de l’action juste qu’ils auraient dû mener...des moyens et des objectifs.



Une grave erreur d’appréciation sur l’état d’esprit des Frères:

Chaque Franc-maçon est animé par une curiosité naturelle:
Un Franc-maçon a une caractéristique particulière : il frappe à une porte dont il ne sait rien de ce qu'elle protège... c’est ce qui peut surprendre le plus dans notre démarche.
Chacun est animé par une curiosité. Cette curiosité est classiquement une curiosité des profondeurs de l’Etre, des profondeurs de l'Univers, du Principe…
On ne peut pas en vouloir aux frères que cette curiosité déborde parfois du cadre de leur quête...surtout quand dans le contexte évoqué en résumé, un sentiment d’injustice apparait.

Alors que la Franc-maçonnerie rend les hommes libres, l’équipe dirigeante de la GLNF donne une image de “meute solidaire” exigeant des Frères qu’ils obéissent docilement, n’aimant pas ceux qui posent des questions ou énoncent des vérités qui déplaisent.

Comme les “membres d’un gang liés par un serment”, certains répandent des contre-vérités, détournent les réponses, contournent la difficulté et nient le frère et ses questions, s’ils ne le mettent pas hors jeu, produisent des rapports de force qu’ils reprochent ensuite à leur adversaire qui se retrouve avec des raisons de plus en plus fondées.

Comme une “équipe soudée de petits caïds de cours de récréation” qui ne supportent pas les frères qui pourraient mettre en évidence leurs carences, insuffisances ou limites en cherchant à impressionner, d’autres sont devenus des “chefaillons” qui adoptent le plus mauvais style managérial écrasant de mauvais contremaîtres.

Ce faisant, ces deux bandes ont gravement atteint l’image de la très grande majorité de ceux qui ”pensaient faire au mieux”.


Chaque Franc-maçon a globalement horreur d’être pris pour un idiot
J'ai lu et entendu des dirigeants de la GLNF s'enorgueillir de la position sociale des frères qui la composent : chefs d'entreprises, commissaires aux comptes, inspecteurs des impôts, cadres dirigeants, consultants, fonctionnaires de Police ou de Justice... (La liste n'est pas complète mais veut juste orienter un propos.)
Tous les frères ont appris à écouter. Ils savent tous analyser et comprendre des situations qu’ils ont forcément déjà rencontrées professionnellement. Ils ont appris à être libres. Ils savent aussi parler entre eux.

La plupart des frères ont un idéal fort, mais dans la sphère profane, ce ne sont pas des oisillons de la dernière couvée. Ils sont globalement aussi bien, sinon mieux “câblés” que beaucoup de ceux qui croyaient les diriger.
Les postures qui leur ont été imposées heurtent leur intelligence et leur sens éthique.


ABSOLUMENT TOUS LES FRÈRES perçoivent que la situation produite par la direction n’est pas “normale”.
Là où ils peuvent diverger, c’est dans les conclusions qu’ils tirent sur l’attitude à adopter et l’action qu’ils décident de mener personnellement... et qui leur appartient parce qu’ils sont libres. Certains vont préférer se taire et écouter, ou opiner du chef au chef sans en penser moins, poser des questions allusives ou directes, d’autres vont partir en opposition passive ou en lutte frontale...

L’image des 3 singes qui se bouchent les oreilles, les yeux et la bouche, trouve sa justification dans la connaissance exacte qu’ont ces derniers d’une situation ... autrement, ils seraient probablement suspendus à leur arbre…
Un grand nombre des actuels responsables de la GLNF sont animés par un insupportable sentiment de supériorité et d’invulnérabilité.
Ils ont cru que leur “immense talent“ “éblouirait“, parviendrait à masquer la situation et renverrait les “singes“ dans leurs arbres.
Ils ont voulu croire et faire croire que ceux qui se taisaient les approuvaient.


Une incapacité à maîtriser la situation:
Le contexte n'était pas favorable pour une «extinction spontanée» des demandes de clarification des comptes.
Les responsables de l’obédience, s’ils n’avaient rien à cacher, et s’ils avaient été bons, auraient dû s’en rendre compte et mettre en œuvre spontanément des actions simples.
Autistes, car méprisant les frères et les sages signaux qu’ils donnaient, ils ont provoqué un effet “Larsen”, devenu insupportable à tous, en tournant à l’inverse, durant des mois, le bouton du volume en croyant couper le son.

Aucune action acceptable et adaptée n’a été mise en œuvre à quelque niveau que ce soit.
Pire, ils ont détourné les lois, effrontément au vu de tous, comme une affirmation de pouvoir, chaque fois que cela arrangeait la direction, en particulier pour demander des cotisations alors que cet appel était légalement impossible. De plus, il n’était pas utile au regarde de la situation financière.
N’ont été mises en place que postures arrogantes, autoritaires, brutales et maladroites, décrites quotidiennement dans les blogs des deux bords.
L’ensemble des équipes dirigeantes, solidaires en restant, se sont laissé entraîner dans toutes les mauvaises options.

Dans leur aveuglement, les responsables de la GLNF se sont voilé la face et ont refusé de voir les réalités.
Ils ont imaginé que personne ne verrait ni ne comprendrait, n’ont pas imaginé qu’ils pourraient perdre.


La solidarité, qui a des vertus dans un système sain, disqualifie tout le monde dans un système vicié.

Le manque de réalisme est une lacune grave pour mener, avec crédibilité, une quelconque mission de refondation.


La transparence, après une longue phase obscure, a fait tomber un mur que le monde croyait éternel.
La reconstruction des pays concernés a été douloureuse.

Le chemin de l’honneur aura un prix élevé pour certains, sera plus accessible pour d’autres.
Il passera, pour tous, par la reconnaissance d’un diagnostic, l’introspection, un repli sur soi humble et silencieux, la demande sincère du pardon...



Charles, un frère qui participe au tracé d’un chemin...

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